Samedi 9 août 2008
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16:26
Je vais commencer par une fin.
Je pars en France très bientôt pour mes études. Ce ne sera qu’un an, mais ce séjour sera une nouvelle expérience pour moi. En plus, c’est la première fois que je vivrai tout seul. Je vais quitter
chez mes parents, je vais quitter mon travail, une nouvelle vie va commencer.
Effectivement, je croyais qu'aller en France, ce n'était qu’un commencement.
Pourtant, ce n’était pas tout à fait le cas : ces derniers temps au Japon m'ont fait rendre compte que c'était aussi une fin. Je croyais que quitter le travail, ce n'était qu’une transition, comme
changer le train. Mais, dès que j’annonçais mon départ aux collèges, j’ai apprit que c’était plus grand que ça. Chaque fois que j’ai dit « au revoir », le poids de cette fin, qui était assez léger
au début, augmentait un peu. Quitter mon boulot est devenu un événement assez important.
Pour finir les choses, on doit bien marquer la fin. Si la fin se passe sans qu’on rendre compte, ce qui n’est pas fini demeurera comme un fantôme. Si on quitte quelqu’un sans dire « au revoir »,
cette personne restera en nous comme une image floue: on ne saura jamais ce qu’elle était pour nous. Peut-être on oubliera qu’elle avait une présence pas insignifiante. Peut-être on l'oubliera en
pensant qu’on peut toujours la voir et ne craignant pas qu’on ne l’oublie et du coup, on ne pense plus à elle.
Parfois, il nous faut un peu de travail pour se sevenir des gens.
Je ne pensais pas que quelqu’un allait me manquer. C’est possible que cela aurait été tout à fait le cas si je n’avais vu personne avant de partir. Un an c’est assez court. On pourra se retrouver
assez bientôt.
Pourtant, l’autre jour, une amie m’a fait remarquer que dans un an, elle sort de l’université et quand je serai rentré elle aura un boulot et que la situation sera bien différente.
Cette simple remarque me fut triste. Surtout quand on est jeunes, on change assez vite. Dans un an, c'est possible que nos voies soient si différentes qu’on puisse oublier qu'elles se croisait
autrefois et qu'on ne se verra plus.
Et puis, c’était d’autant plus triste qu’en la rencontrant, je me suis rendu compte que je commençais à oublier que je l’aimais bien. Que je ne l’avais pas vu depuis une demie année et j’avais
oublié cette légère affection. En disant « au revoir » j’ai retrouvé mon sentiment.
Marquer la fin, c'est un fait de se sevenir encore une fois de ceux que nous ont arrivé.
Mais aussi, les adieux même peuvent nous apporter de nouvelles connaissances : j’ai apprit pas mal de chose sur mes collèges et collecté pas mal d’adresse d’e-meil. Le fait qu’on ne verra pas pour
longtemps, ou peut être jamais, nous a fait parler de choses qu’on ne disait pas avant, et parler avec qui qu’on ne discutait pas avant.
Finalement, j’ai l’impression qu’en finissant des choses, on commence d’autres choses. Certes, qu’en commençant, on finit d’autres. Mais la fin même nous fait découvrir des nouveaux. Ce blog aussi,
c’est un produit de cette fin.
Alors, je le commence, par finir ma présence sur le Net exclusivement en japonais.